Boulimie et hyperphagie : comment se traiter avec efficacité?

Chaque symptôme peut avoir une signification particulière, et un même symptôme peut varier en signification selon le contexte. Prenons les exemples de la boulimie et de l’hyperphagie, deux troubles alimentaires qui, bien qu’ils puissent sembler similaires, ont des différences notables en termes de sens et de mécanismes sous-jacents.

Boulimie et hyperphagie : Comparaison des deux troubles

Bien que la boulimie et l’hyperphagie boulimique partagent des similitudes, notamment des épisodes de frénésie alimentaire, leurs significations et impacts psychologiques peuvent varier :

  • Boulimie : Souvent liée à un besoin de contrôle et à des préoccupations concernant le poids et la forme du corps.
  • Hyperphagie boulimique : Souvent liée à une réponse à des émotions difficiles sans tentative de contrôle du poids à travers des comportements compensatoires.

Les symptômes de la boulimie et de l’hyperphagie boulimique peuvent être vus comme des réponses à des facteurs émotionnels et psychologiques complexes. Comprendre le sens de ces symptômes peut aider à mieux appréhender les besoins et les souffrances des personnes qui en souffrent, et à développer des approches thérapeutiques appropriées.

La boulimie et l’hyperphagie ne se traite pas de la même façon selon qu’il s’agisse de crise passagère ou d’un trouble permanent. 

Quand le trouble alimentaire est passager

On peut faire des crises de boulimie, on peut faire de l’hyperphagie sans que ce soit le signe d’un chaos identitaire. Les crises de boulimie et l’hyperphagie peuvent être passagères à un moment de fragilité dans la vie de quelqu’un.

Quand la boulimie ou l’hyperphagie sont une addiction sévère

Mais quand les crises de boulimie ou l’hyperphagie boulimique s’installent dans la durée, malgré une vie professionnelle réussie, quand elles sont omniprésentes et surtout qu’on est en permanence trop tendu pour être présent à soi-même et aux autres, que ça dévore toute la tête au point de se sentir en décalage avec soi-même et les autres, là, il s’agit d’une addiction sévère qui vient apaiser une angoisse ingérable.

Solutions thérapeutiques pour la boulimie et l’hyperphagie

Selon que la boulimie et l’hyperphagie sont passagères ou chroniques, la cause est différente et l’approche thérapeutique aussi. 

Boulimie et hyperphagie passagères : le rôle de la psychothérapie

Dans le cas d’une boulimie ou d’une hyperphagie passagère, qui se produit dans un moment de vie particulièrement fragile, la psychothérapie pourra résoudre le problème en examinant ce qui fait qu’on est fragile à ce moment-là.

Boulimie et hyperphagie sévères : la cause est profonde et l’approche psychothérapeutique doit s’y adapter

Dans le cas d’une boulimie et d’une hyperphagie qui prennent la tête du matin au soir, même dans les moments où on ne mange pas, si cela s’accompagne d’un sentiment de décalage avec les autres et avec soi-même et de quelques autres caractéristiques psychologiques, telles que :
• L’hypersensibilité émotionnelle
• Des humeurs en dents de scie, tout est génial ou nul, pas de nuance
• Le besoin de se surmener pour se faire aimer au point de ressentir le syndrome de l’imposteur
• Des contacts avec les autres compliqués, fatigants, trop intenses pour être légers
• Quand clairement, la relation avec la nourriture permet de s’accrocher à la vie, car c’est le seul moment où on se sent détendu
• Quand on ne supporte pas l’ennui et que malgré cela, on s’ennuie beaucoup, voire quasiment tout le temps
• Quand on a besoin d’une excitation très forte pour se mettre en mouvement, une passion pour quelqu’un ou quelque chose pour ne pas se sentir déprimé
• Quand, au fond du fond, on aspire à un état végétatif, paisible, comme un bébé, dans les bras de son parent nourricier, chaque fois qu’on n’est pas inspiré par une passion ou des vidéos.

Quelle forme de psychothérapie quand la cause d’un TCA est un trouble identitaire?

Dans ce cas-là, la boulimie avec ou sans vomissements et l’hyperphagie sont le problème d’un trouble de l’identité qui remonte à la toute première enfance. Si c’est le cas, la psychothérapie traditionnelle ne suffira pas, mais elle devra s’adapter à la construction d’une personnalité authentique du patient, en lui permettant à la fois d’exister tel qu’il est et en même temps sans créer de dégâts relationnels.

Ce qui se dit traditionnellement autour de la boulimie et de l’hyperphagie

Définition classique de la boulimie: 

La boulimie se caractérise par des épisodes de frénésie alimentaire suivis de comportements compensatoires tels que le vomissement, l’utilisation de laxatifs, ou l’exercice excessif. Les personnes souffrant de boulimie ont souvent une peur intense de prendre du poids et une préoccupation excessive pour leur apparence physique. Les crises de boulimie sont souvent déclenchées par des émotions négatives ou du stress, et elles sont suivies de sentiments de honte et de culpabilité.

Signification possible selon la psychiatrie actuelle : 

  • Émotionnelle : La boulimie peut être une manière de gérer des émotions intenses ou difficiles. Les épisodes de frénésie alimentaire peuvent servir de mécanisme d’adaptation pour échapper temporairement à des sentiments de tristesse, de colère, ou d’anxiété.
  • Contrôle : Les comportements compensatoires peuvent être une tentative de reprendre le contrôle sur son corps et sa vie. Mais ce n’est qu’une impression de contrôler sa vie.

Ceci rejoint la psychologie, dans le cas de la boulimie et de l’hyperphagie passagère. En réalité, dans le cas de la boulimie et de l’hyperphagie sévère, on ne contrôle rien du tout, ce n’est que de l’apaisement. C’est la thèse des psychiatres actuellement mais d’un point de vue psychologique, ça ne contrôle ni le corps ni la vie : c’est juste un moyen de s’apaiser. 

Qu’est ce que l’hyperphagie boulimique ?

Qu’elle soit passagère ou sévère, l’hyperphagie boulimique (Binge Eating Disorder), est décrite de la même façon pour les psychiatres et pour la psychologie. Elle se caractérise par des épisodes de frénésie alimentaire similaires à ceux de la boulimie, mais sans comportements compensatoires. Les individus atteints de ce trouble mangent de grandes quantités de nourriture en peu de temps et éprouvent un sentiment de perte de contrôle pendant ces épisodes. 

Signification possible :

  • Émotionnelle : Dans un moment de crise existentielle passagère, comme la boulimie, l’hyperphagie peut être une réponse à des émotions négatives. Les personnes peuvent manger en excès pour atténuer des sentiments de stress, de solitude, ou de dépression.
  • Réflexe de survie : Pour les psychologues spécialisés en addictologie, l’hyperphagie boulimique utilise la nourriture comme le seul moyen de se détendre. Quand elle est une obsession constante, au point que l’on passe à côté de sa vie, l’hyperphagie est une addiction sévère parce qu’elle est le seul moyen que l’on trouve pour réussir à se détendre. 

Laisser un commentaire