COMPRÉHENSION ET TRAITEMENTS DE L'ADDICTION ALIMENTAIRE

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Comment guérir d’une obsession

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Boulimie-janvier-2018En ce début d'année 2018, où en sommes-nous dans notre compréhension de la boulimie anorexie et des différents traitements proposés pour s’en libérer ?

Le monde de la psychiatrie aujourd’hui a compris que ce n’est pas un simple trouble du comportement, que l’addiction alimentaire est associée à un manque d’estime de soi. Quand les personnes se plaignent de manger beaucoup trop et de ne pas pouvoir se contrôler, leur médecin de famille ne sourit plus, ne leur dit pas lorsqu’elles sont minces, comme il y a quelques années : «mais ce n’est pas grave puisque vous êtes normo-pondérale». Et pour les personnes qui prennent trop de poids (celles qui n’ont pas de comportement compensatoires comme les vomissements, le sport à outrance, les phases anorexiques), il ne dit plus : «allez ! Un peu de volonté que diable!», en prescrivant un énième régime.

Et quant au manque d’estime de soi et aux diverses difficultés psychologiques qui accompagnent les troubles alimentaires, la psychiatrie a également beaucoup évolué. Il n’y a encore pas si longtemps elle les attribuait au seul dysfonctionnement alimentaire : «c’est normal qu’on n’ait pas d’estime de soi quand on ne peut pas se contrôler», expliquaient les psychiatres aux médias qui les interrogeaient.

On rencontre pourtant encore aujourd’hui, parmi ces psychiatres, certains qui en sont encore là et qui, dans les hôpitaux et cliniques, continuent d’imposer des repas réguliers et équilibrés, en espérant vraiment aider les personnes boulimiques anorexiques qui viennent en espérant être guéries par eux. Mais ceux qui font de la recherche savent maintenant que les troubles de l’humeur, l’irritabilité, l’épuisement ne sont pas uniquement liées à la honte de ne pas se contrôler, mais aussi et surtout à une composante neurophysiologique. Les recherches récentes ont montré l’efficacité d’antidépresseurs, recapteurs de sérotonine utilisés à petite dose, non pas comme anti-dépresseur, mais comme stabilisateurs. Cela ne diminue pas les boulimies, mais cela diminue l’irritabilité, les ruminations mentales et atténue les troubles de l’humeur.