TDAH, Impulsivité, Personnalité Borderline : et si le vrai sujet était ailleurs ?

Femme en larmes entourée d'éclats de verre brisé, symbole du chaos émotionnel intérieur lié au TDAH, à l'impulsivité et à la personnalité borderline

De plus en plus de personnes arrivent en consultation avec un diagnostic posé : « Je suis TDAH », « J’ai un trouble Borderline » ou « Je souffre d’hyperphagie ». Dans ma pratique, j’observe que derrière ces sigles se cache presque toujours la même urgence : une identité qui n’a pas pu se construire sereinement.

1. Les mots ne disent pas tout

Mettre un nom sur le sentiment d’être en décalage avec les autres permet de ne plus se sentir seul, et quelque part rassure. Mais derrière le TDAH ou la personnalité limite, on retrouve souvent ce que j’appelle le « bébé terrifié » sous une apparence « plus que parfaite ».

Dans les groupes où les gens viennent se débarrasser d’une addiction sévère ou d’un sentiment de ne pas être vraiment dans sa vie, je reçois des personnes brillantes, adaptées, souvent admirées socialement, mais qui pourtant vivent dans ce que les psychanalystes appellent un « faux self » : une personnalité de façade sculptée pour séduire et éviter le rejet, parce qu’au fond, elles se sentent « minables » ou « vides ». Comme le dit Isabelle : « J’ai reconnu ma souffrance… celle de ce nourrisson qui n’a pas été accueilli ». Ce vide intérieur n’est pas un manque d’activité, c’est une sensation de non-existence dès que l’agitation s’arrête.

2. Le point commun : un trop plein émotionnel

Pourquoi le TDAH et la personnalité borderline se croisent-ils si souvent dans nos parcours ? Parce qu’ils partagent un même moteur : l’incapacité à gérer l’intensité émotionnelle. Pour vous, une émotion devient trop forte, trop vite. Il faut alors agir immédiatement pour la faire redescendre.

  • L’horreur de l’ennui : Pour une personnalité atypique, l’ennui est vécu comme une menace de mort ou une sensation d’étouffement. Pour ne pas sentir ce vide, vous avez besoin que la vie « pétille » en permanence. L’hyperactivité (TDAH) ou l’impulsivité sont des stratégies de survie pour peupler ce silence terrifiant.
  • Les montagnes russes : Vous passez de l’euphorie à la détresse en quelques minutes. Cette instabilité n’est pas une fatalité, c’est un tempérament « de surf » : vous montez sur la vague quand elle est haute, mais la redescente est brutale.
  • La compensation invisible : Il est important de noter que les petites filles TDAH passent souvent sous les radars car elles sont douées pour compenser et faire semblant d’aller bien pour plaire à la société, contrairement aux garçons dont l’agitation est plus visible.

3. Ce que ça change en thérapie

Si l’on traite chaque symptôme séparément — un médicament pour l’attention, un régime pour le poids — il reviendra toujours, parce qu’on s’attaque aux conséquences sans traiter le problème de fond. Un travail sur soi en groupe permet de voir comment on répète toujours les mêmes scénarios dans sa façon d’être avec les autres, et comment l’impulsivité est reliée à une difficulté existentielle. Le groupe en thérapie permet de voir ce qui se joue profondément en soi. Le problème n’est pas votre impulsivité, c’est votre « identité absente » qui vous oblige à chercher des sensations fortes pour vous sentir vivante.

En thérapie, nous ne travaillons pas sur le « pourquoi », mais sur le « comment » exister face à l’autre. Apprendre à ne plus être un « instrument » au service des besoins des autres, mais une personne à part entière. Il s’agit d’acquérir une discipline relationnelle : arrêter de vouloir tout comprendre ou tout contrôler, pour enfin laisser votre « grain de folie » respirer.

4. Pourquoi la thérapie de groupe aide énormément

On imagine souvent que parler de soi devant les autres est insurmontable. En réalité, c’est le levier le plus puissant pour une personnalité borderline ou TDAH.

  • Sortir de la transparence : En groupe, vous apprenez que vous existez dans le regard de l’autre sans avoir besoin de séduire. Vous quittez ce sentiment d’être une « ombre » ou un « déchet » pour retrouver votre dignité.
  • La sécurité par la rencontre : C’est en voyant les autres être « vrais » que vous vous autorisez à lâcher votre masque. Comme le souligne Boris Cyrulnik, on ne change que dans la rencontre réelle.
  • Retrouver son corps : Beaucoup d’entre vous vivent uniquement « dans leur tête » et ne sentent plus leurs jambes ou leur ventre. Le groupe, par l’émotion partagée, vous aide à vous réincarner et à apaiser vos tensions physiques.

Pour aller plus loin

Si vous vous reconnaissez dans ce portrait de « borderline » ou de « TDAH hypersensible », sachez que votre originalité est une force. Une fois vos émotions stabilisées et votre identité solidifiée, cette intensité qui vous fait peur aujourd’hui deviendra votre plus bel atout créatif. Vous n’avez pas besoin d’être « normal », vous avez besoin d’être vous-même.

Pour approfondir certains points abordés dans cet article :

Vous vous reconnaissez dans ce portrait ? Découvrez le groupe de psychothérapie TDAH, Impulsivité, Personnalité Borderline animé par Catherine Hervais sur hervais.com.

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