SITE D'INFORMATIONS POUR LA COMPRÉHENSION ET LE TRAITEMENT DE L'ADDICTION ALIMENTAIRE: BOULIMIE, ANOREXIE, HYPERHAGIE ETC.
boulimie.fr
A paraître

Ce site porte un regard essentiellement psychologique et psychanalytique sur l'origine de la boulimie

Selon les travaux de
la psychologue Catherine Hervais
https://hervais.com : contact

Comment soigner la boulimie ?

Article de Catherine Hervais, psychologue spécialisée dans les TCA,
Groupes de psychothérapie (aujourd'hui à distance)
Auteur des best sellers "Les Toxicos de la Bouffe" (Ed. Poche) et "Boulimie Anorexie : Guide de survie" (Ed Dunod)

 

 

Soigner la boulimie, est-ce vraiment possible si la boulimie n'etait pas une maladie, si elle n'était, qu contraire, que ce qui empêche de devenir fou ? Est-ce que, finalement, soigner la boulimie ne se limite pas, aujourd'hui, à en soigner les effets plus que la cause.

 

Ma mère se fâchait quand les placards étaient vides

 

Comment soigner la boulimie ? 

Une mère veut faire soigner la boulimie de sa fille

 

Une femme appelle une psy pour faire soigner la boulimie de sa fille, 28 ans. Elle ne veut plus se soigner la boulimie, s'afflige la mère. Elle a déjà essayé beaucoup de choses qui n'ont pas marché parmi lesquelles plusieurs psychothérapies et une hospitalisation. Le psychiatre qu’elle consulte veut la ré-hospitaliser. Mais sa fille refuse.

Si elle appelle aujourd’hui c’est parce qu’elle se rend bien compte que la médecine comportementale dans la gestion des symptômes alimentaires ne pourra pas soigner la boulimie de sa fille. Elle vient de lire "Boulimie Anorexie, guide de survie pour vous et vos proches" et elle comprend intuitivement que ce sont les troubles de la personnalité de sa fille qui ont un lien avec la boulimie.

– Pourquoi le psychiatre veut-il la ré hospitaliser ? demande la psychologue. Se fait-elle vomir, est-elle très maigre, a-t-elle une carence en potassium ?

– Non, répond la mère.

– Le psychiatre craint peut-être une tentative de suicide ?

– Je ne sais pas dit la mère. Mais ma fille refuse. Elle ne croit que personne ne peut soigner la boulimie.

 

Comment soigner la boulimie ? 
La médecine ne peut pas soigner la boulimie, mais elle peut soigner les effets de la boulimie 

 

Mais, c'est déjà très important de soigner les effets de la boulimie. Cela peut sauver des vies. La psy reconnaît que, de toutes façons, l'hospitalisation ne la guérira pas de sa boulimie, puisqu'elle ne traite pas le problème d'identité sous-jacent à l’addiction. Aujourd’hui les psychiatres se rendent compte qu’il y a un trouble de la personnalité chez les personnes qui ont une addiction alimentaire sévère, mais ils n’ont pas mis en place une psychothérapie ajustée à ce type de personnalité qui ne peuvent pas vivre sans une addiction.

La mère demande à quoi ressemblerait une psychothérapie ajustée au type de personnalités qui ne peuvent pas vivre sans une addiction.

Cela peut se faire avec un psychanalyste en individuel, et encore plus efficacement en groupe, répond la psy. Le principe de cette thérapie n'est pas de soigner la boulimie, mais la personne. Elle est principalement centrée sur la relation et sur la confrontation : le psy se place lui-même dans une posture d'égal à égal (et non de soignant à malade). Il joue lui aussi « cartes sur table ». Le patient peut ainsi se confronter à une réalité relationnelle plus objective rendant ses peurs, ses attentes, sa violence sans fondement. Ainsi il peut identifier ses dysfonctionnements relationnels et par l’expérimentation dans la situation thérapeutique, trouver les petits bouts de lui-même qu’il ne voyait pas. On ne peut apprendre à devenir soi-même que face à l’autre et en particulier à quelqu’un qui se montre lui aussi tel qu’il est.

 

Comment soigner la boulimie ? 

Soigner la boulimie ou la personne ?

 

Une personne qui fuit dans l’addiction, c’est une personne qui se sent perdue dans un monde qui lui paraît tantôt hostile, tantôt dangereux. Ce n'est pas soigner la boulimie dont elle a besoin, mais c'est de trouver des repères. En structurant sa personnalité, en s’affirmant et en trouvant suffisamment de stabilité en soi-même pour gagner une caractéristique indispensable pour son équilibre : l’estime de soi.

La mère comprend bien ce que lui dit la psy. Intuitivement, connaissant sa fille elle sent bien que la piste proposée est judicieuse. Mais elle dit que sa fille ne veut plus aller voir de psy parce qu’à chaque fois elle a été déçue.

La psy propose à la mère de montrer le site boulimie.fr à sa fille afin que cette dernière puisse, grâce aux nombreux articles, mais aussi aux lectures recommandées, ainsi qu’aux vidéos de témoignages, comprendre que soigner la boulimie est inutile. C'est le problème de fond qui engendre sa boulimie qu'il faut traiter. Si elle comprend que son addiction lui vient d’un problème d’identité, et si elle apprend que celui-ci peut se résoudre par une psychothérapie existentielle (telle que la psychanalyse, idéalement de groupe ou familiale la propose), elle fera déjà un premier vrai grand pas.

La mère remercie la psy pour toutes ces informations. La psy conclut avec des propos rassurants : « Ne désespérez pas. Votre fille est au plus mal à cause d’une hypersensibilité probablement de naissance qui a freiné sa construction identitaire, mais quand elle renoncera à soigner la boulimie et quand elle apprendra à être à l’écoute d’elle-même tout en étant à l’écoute des autres, elle se sentira enfin dans sa peau, sur terre, et son hypersensibilité ne sera plus un vecteur pathologique mais au contraire une richesse, tant pour elle-même que pour son entourage».

Et comme Charlie Chaplin reprenant les propos de  Kim et Alison Mc Millen le jour de son 70ème anniversaire, elle pourra dire elle aussi :

« Le jour où je me suis aimé suffisamment1,
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
j’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle estime de soi.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle
n’étaient rien d’autre qu’un signal 
lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle authenticité

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai cessé de vouloir une vie différente,
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue 
à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle maturité.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation, 
ou une personne,
dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien 
que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts, 
et que ce n’est pas le moment.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle respect.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m’était pas salutaire :
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle amour-propre.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire des grands plans.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime, 
quand ça me plait et à mon rythme.
Aujourd’hui, j’appelle ça simplicité.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison,
et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert l’humilité.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s’appelle plénitude.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.

1 La traduction française et « Le jour où je me suis aimé pour de vrai ». Mais en tant que psy, n’étant pas convaincue que l’on peut s’aimer soi-même « pour de vrai », je suis alllé voir la traduction des auteurs de ce texte et en anglais les mots « When I Loved Myself Enough » sont à traduire par « Quand je me suis aimé suffisamment ».

 

 

Comment soigner la boulimie ?

Comment soigner la boulimie ? C'est une question que beaucoup de personnes se posent

 

 

Comment soigner la boulimie? C'est une question que beaucoup de personnes se posent après avoir quasiment tout essayé : la régulation de l'alimentation, la prescription de l’arrêt des vomissements (lorsque la personne se fait vomir), les régimes à répétition, les psychothérapies individuelles de toutes sortes, la psychanalyse aussi parfois. « Comment soigner la boulimie par des groupes de parole ? » demandent souvent les personnes. L'expérience montre que lorsqu’elles viennent en groupe de psychothérapie, ayant tenté de nombreuses approches, elles n’ont plus beaucoup d’espoir après avoir tout fait pour tenter de soigner la boulimie,  sans y parvenir.

Comment soigner la boulimie ? se demandent parfois les médecins qui, voyant leurs patients guéris pendant quelques mois, observent que la boulimie revient en force au bout d’un certain temps. Les crises reviennent parce que l’effort pour les retenir finit par devenir insurmontable. Les personnes finissent par « craquer ».

Plutôt que se demander comment soigner la boulimie, on ferait mieux de se demander si c’est la boulimie est à soigner. Oui en cas de grande maigreur, à cause de vomissements, ou en cas d’obésité morbide : dans un cas il est urgent de prendre du poids et dans l’autre d’en perdre.

 

 

Comment soigner la boulimie ?

La boulimie en elle-même est insoignable parce qu’elle n’est pas une maladie

 

 

La boulimie en elle-même est insoignable parce qu’elle n’est pas une maladie : elle n’est pas une maladie parce qu’elle est l’anxiolytique d’une immense angoisse interne. Même si elle peut provoquer des maladies liées à des problèmes somatiques, comportementaux et relationnels, elle est surtout un réflexe de survie, une bouée de secours. De fait la question comment soigner la boulimie ? n’a même pas à être posée parce ce qu’il faut soigner c’est tout ce qui pousse les gens à avoir besoin de cette addiction alimentaire.

Tout ce que l’on peut dire à ceux qui cherchent comment soigner la boulimie c’est qu’elle part toute seule quand on soigne l’énorme angoisse sous-jacente. Cette angoisse, liée à une hypersensibilité structurelle de la toute petite enfance, fait que plus tard on se sent perdu parmi les autres, seul, vide, même quand on a brillamment réussi sa vie professionnelle et familiale. Cette angoisse oblige à jouer en permanence un rôle pour faire croire qu’on n’est pas vide et qu’on va bien.

Si l’on souhaite soigner la boulimie, il faut commencer par partir à la recherche de son vrai « soi », apprendre à s’affirmer avec ce vrai soi face aux autres. Apprendre à ne pas fuir ou agresser quand quelque chose chez l’autre dérange et surtout apprendre à ne plus juger.

Comment soigner la boulimie ? C’est la philosophie qui, en réalité, va soigner. La philosophie, de tous les temps, nous apprend que nous ne pouvons pas comprendre la vie, que nous ne pouvons pas comprendre les autres, parce que trop d’éléments seraient à prendre en compte pour comprendre. On ne peut pas comprendre, donc on ne peut pas juger. Ni soi ni les autres.

C’est dans les interactions d’un groupe de psychothérapie qu’on peut s’entraîner à apprendre à s’affirmer face aux autres, à ne pas être agressif, ni fuyant, à ne pas juger.

 

 

Comment soigner la boulimie ?

Vous voulez vraiment savoir comment soigner la boulimie ?

 

 

Vous voulez vraiment savoir comment soigner la boulimie ? Entraînez-vous pendant une semaine à ne pas juger si vous n’avez pas les moyens de faire une psychothérapie. (Pour celles et ceux qui n’ont pas ces moyens, Boulimie.fr organise des groupes de parole pour vous accompagner dans ce travail de non-jugement). Après ce « régime » relationnel de non-jugement, et à condition de tenir suffisamment longtemps, sans déraper, vous aurez la surprise de voir que, enfin, vos proches parviennent enfin à être détendus face à vous. Dès lors vous cesserez de vous poser la question de savoir comment soigner la boulimie parce que vous sentirez par vous-même que vos pulsions diminuent en intensité et que vous êtes sur la bonne voie.

 

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Catherine Hervais

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Commentaires  

+1 #2 Myriam 22-07-2017 17:06
Merci pour ce dernier edito. Je connaissais ce texte de Charlie Chaplin que je trouve tres beau aussi. Selon ma version anglaise "As I began to love myself" cela se traduirait, Quand j'ai commence a m'aimer...Je voulais juste comprendre votre phrase, en tant que psy, pas convaincue que l'on peut s'aimer soi-meme. Vous avez peut-etre raison mais pourquoi tant de therapies disent qu'il faut apprendre a s'aimer et puis tout ira mieux?
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0 #1 Auré 14-07-2017 15:53
Merci pour votre article et vos conseils de lecture qui permettent de travailler sur nous même et d'aller vers la guérison de la boulimie.
D'ailleurs j'ai lu ce moi çi le conte "Cœur de Cristal " de Frédéric Lenoir dont j'aprécie l'auteur pour ses réflexions philosophiques. J'ai trouvé ce conte / fable philosophique très émouvant ( j'ai même pleuré à certain passage ) car il évoque l'amour , les séparations d'avec ceux qu'on aime ou de ceux qu'on a aimé , c'est vrai qu'il n'est pas facile de réouvrir son coeur après une blessure , mais en restant le coeur fermé on passe à côté de la vie et de l'amour , même si l'amour peut nous faire souffrir et nous faire faire des gestes qu'on regrette qui pourrait être fatal ... Mais justement pour éviter d'être emporté par nos émotions, la raison ( cerveau préfrontal ) devrait aussi être relié pour pas trop souffrir et éviter que l'amour nous fasse perdre la raison ?
Et concernant les personnes qu'on aime et qui ne sont plus sur cette terre ici bas , le mieux pour éviter la souffrance du manque , est comme dans le livre "Coeur de Cristal " c'est que l'être cher reste dans notre coeur à tout jamais et c'est vrai , je l'ai expérimenté , qu'on ressent notre coeur vibré à la beauté du monde !
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