Le vide intersidéral de la Muerte

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Il y a des gens qui disent ne jamais s’ennuyer. D’autres s’ennuient sans en être affectés plus que ça. Et puis il y en a pour qui l’ennui est quasi-permanent et insupportable. C’est le cas de ceux qui ne peuvent pas vivre sans une addiction et qui sont diagnostiqués « borderline ». J’ai choisi une BD qui montre mieux que des mots la souffrance de cet ennui-là. Et si l’addiction alimentaire était...

Et si l’addiction était une réponse efficace à un sentiment d’incomplétude ? Et si elle était un reflexe de survie ? Et si les gens qui ne peuvent pas vivre sans se gaver, sans boire, sans se droguer le faisaient pour parer à un sentiment de "n'être pas assez un, de n'être pas assez vivant, de n'être pas assez réel" P. Janet [1]

Vous trouverez dans boulimie.fr de nombreux articles qui décrivent  le problème identitaire et ses conséquences des addicts à la nourriture. Mais c’est une chose de décrire le sentiment de vide avec des mots et c’est autre chose  de réussir à se faire comprendre par ses proches.

Je me réjouis de vous présenter les dessins d’Émilie Oprescu qui sait traduire en images les émotions les plus intimes. Vous pouvez retrouver son travail sur un blog « jeveuxvivre.com ».

Voici l’une de ses bédés : « Le Vide Intersidéral de la Muerte. » 

Merci Émilie pour cette bédé dans laquelle les boulimiques et les hyperphagiques vont se reconnaître et pourront ainsi faire comprendre à leurs proches que ce n’est pas une question de volonté et qu’il ne suffit pas de se bouger le c…

Mais alors, quand l’ennui est permanent, quand on ne s’intéresse à pas grand-chose ou bien quand on ne parvient pas à se mettre en mouvement pour réaliser des choses que l’on souhaite faire, quoi faire?

La réponse de la psychanalyste Margaret Little est sans équivoque : il faut faire un travail sur soi pour réussir à se sentir assez vivant, enfin réel.

Vous pourrez lire son histoire dans un article que j’ai écrit en 2009 et qui s’appelle « d’où vient la boulimie ?»

https://www.boulimie.fr/articles/boulimie-explications/dou-vient-la-boulimie

Margaret Little était psychanalyste. Elle avait bien sûr elle-même été « analysée » par deux psychanalystes de renom. Mais l’un comme l’autre ont fini par lui suggérer de clore l’analyse, la trouvant suffisamment équilibrée pour continuer sa route toute seule.

Pourtant, elle ressentait que l’un comme l’autre n’avaient pas pris la mesure de son désarroi. Elle sentait qu’elle avait encore besoin de travailler sur elle.

Un jour, en conférence, elle entendit la théorie d’un psychanalyste pédiatre qui s’appelait Winnicott[2]. Sans savoir pourquoi elle sut que lui entendrait cette partie d’elle-même qui souffrait tant. Etait-ce parce qu’elle avait l’intuition qu’au fond d’elle-même elle restait un nourrisson effrayé et que ce psychanalyste était aussi pédiatre qu’elle lui demanda de faire une analyse avec lui ?

Bien lui en a pris. Ce bébé intérieur effrayé, Winnicott a su l’entendre et aider Margaret Little à entrer dans le monde des adultes.

 

 

 

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