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L'alcoolique, les proches, le soignant

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aux Editions Dunod.

Si la problématique psychologique de l'addiction est la même pour les boulimiques que pour les alcooliques, les boulimiques ne sont pas boulimiques à vie. Quand on a résolu sa problématique existentielle avec une thérapie ajustée sur les troubles de la personnalité, on reste fragile émotionnellement mais on a, avec la nourriture, un comportement satisfaisant : on peut craquer sur son dessert préféré sans ressentir le besoin d'en prendre des quantités démesurées. Apparemment il n'en est pas de même pour l'alcool dont la personne alcoolique devra toujours se méfier. Il y a plusieurs approches théoriques et thérapeutiques de l'alcoolisme mais ce mois-ci boulimie.fr a choisi de vous présenter le livre d'un homme de cœur, d'expérience et de sagesse : " L'alcoolique, les proches et le soignant ". Pour le docteur Henri Gomez son auteur, il y a un profil psychologique des personnes alcooliques qui ressemble beaucoup à ce que nous connaissons du profil psychologique des personnes boulimiques. "Au départ, l'immaturité peut surprendre. Avec son cortège d'exigences et de caprices, elle souligne aussi le clivage de la personnalité des sujets qui peuvent exercer des responsabilités professionnelles importantes tout en s'absorbant des heures à des jeux vidéo ou à d'autres passe temps. Leur vie affective manque de profondeur et de stabilité. Une part est mûre, l'autre visiblement non, comme une pomme à moitié rouge, à moitié verte. Même après des années de travail sur soi, le patient vit douloureusement le moindre événement perturbateur. D'autres traits s'intriquent, telle que la déferlante des émotions, la susceptibilité et le ressentiment, les erreurs d'interprétation, manifestant une fragilité narcissique et des limites de compréhension qui n'ont rien à voir avec les effets de l'alcoolisation passée ou de l'intelligence. Ces patients ont une relative difficulté à élaborer une réflexion critique sereine dans les domaines sensibles. Le pronostic reste, pour partie, lié au cadre relationnel de proximité et la peur de la réalcoolisation. Cependant, avec le temps, ils gagnent en autonomie psychique, leur instinct de survie se mue en force vitale. Ils finissent pour prendre de bonnes décisions pour eux, mènent des projets jusqu'au bout, acceptent gaillardement de " marcher en boitant". Parce que l'alcoolique reste émotionnellement fragile, Henri Gomez a créé à Toulouse L'A.R.E.A, une association essentiellement constituée de patients rétablis. Elle est une auxiliaire du soin lors des prises de contact, des prises en charge initiales et pour l'accompagnement ultérieur des personnes en difficulté avec l'alcool. Elle participe à des actions d'information et de formation. Elle coordonne diverses activités utiles en alcoologie de terrain: groupes de parole, conférences, groupes de travail, documents écrits et audiovisuels, sophrologie, conseils. A quand une association de boulimiques guéries, avec des groupes de parole, des conférences, des groupes de travail ? Non par peur de reboulimer, mais pour servir de béquille dans les moments où la vie émotionnelle se met en ébullition. " L'alcoolique, les proches, le soignant ", s'appuie sur une expérience très humaniste de l'alcoolisme et se veut un outil de travail dans lequel pourront se reconnaître tous ceux qui, à des degrés divers, sont confrontés à des problèmes d'alcoolisation pathologique.