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SUJET : boulimie non vomitive, pulsion de vie ou de mort?

boulimie non vomitive, pulsion de vie ou de mort? il y a 6 mois 2 semaines #772

  • lulu
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Bonsoir à toutes et à tous,

J'ai presque 26 ans et cela fait plus de la moitié de ma courte vie que le trouble alimentaire m'occupe et m'empoisonne autant qu'il m'emprisonne.
J'ai commencé par de l'anorexie restrictive et hyperactive en 6ème, ou plutôt la situation s'est vraiment aggravée à cette époque puisque j'ai du être hospitalisée en pédiatrie. Je pense qu'une petite dépression infantile planait déjà depuis la plus petite enfance, mais les choses se sont réellement aggravées, lorsque j'ai appris que ma mère souffrait de schizophrénie, j'avais donc 12 ans, et que mon petit copain me larguait et m'humiliait au collège (premier amour). De plus, je devenait le soutien de mon père, en quelque sorte je prenait la place de l'épouse, et le rôle de mère pour ma mère.
A ce moment j'ai perdu tous mes repères en même temps que je perdais confiance en moi, toute estime, je me comparais et voulais ressembler sans cesse à d'autres mieux que moi. Pas assez belle, pas assez drôle, pas assez de tout...
J'ai jonglé entre hospitalisations et période de scolarité tout le collège durant.
Au lycée, j'ai vécu une période sans hospitalisations, mais constamment dans le souci du poids et celui de plaire aux autres. La terminale a été une année chaotique où je me suis un peu plus égarée dans cette image qui ne reflétait pas ma personnalité ni mon état d'esprit. J'ai maigris toute l'année durant, espérant volait de mes propres ailes à la fac.
En 2009, je pars étudier les lettres, mais je suis trop vulnérable, bancale, je crois devenir folle, je suis obsédée par le fait de purifier ce corps, le rendre plus léger. En fait en quittant mes parents, je n'existe plus. Et puis deux mois plus tard, cadavérique, ce sont mes premiers pas dans la psychiatrie. Je connais un isolement de neuf mois contractualisé avec un psy complètement manipulateur. Je me détache de tout: amis, amours, vie sociale, études et responsabilités, bref, je m'éloigne de la vraie vie pour penser penser et repenser...
Je pars vivre chez ma sœur de seize ans de plus que moi et je rechute. Je reviens vers ce bon vieux psy qui réitère l'expérience. Et c'est reparti pour huit mois cette fois, pour être virée du jour au lendemain pour ne pas avalée le "dépakote"...
Suite à cela, je prends un appart ne voulant plus vivre aux côtés de mes parents ni dépendre d'eux et je replonge (si ce n'était pas déjà fait) deux mois plus tard, c'est l'endocrinologie et la sonde, puis l'unité Salomé à Nantes avec le dr Lambert, que je tiens à citer et à remercier. Puis je voyage avec la maladie!! je fait la fameuse lettre de motivation et je suis hospitalisée à Sainte-Anne à Paris, puis à Montpellier dans une clinique, au chu ou encore dans une famille d'accueil que je quitterai très vite pour des faits de maltraitance ...
C'est à Montpellier que je commence à faire quelques crises mais avec une telle alternance avec les conduites anorexiques, que le poids ne s'en ressent pas. Complètement perdue je reviens en Sarthe. Je pars vivre chez ma tante, mais je ne tiens pas deux semaines avec les rituels et la honte, je n'arrive plus à cacher l'intime, j'ai besoin de craquer, d'exploser, de laisser parler les sentiments et les émotions, plus que tout, j'ai besoin de retrouver l'hospitalisme, mon réconfort. Et j'y parviens. Ouf, mon refuge, mon répit, mon repos...
Mais très vite on me fait comprendre que l'hôpital n'est pas une solution, que j'ai essayé beaucoup de choses et beaucoup d'endroits, qu'il va falloir que je vive dans cet appartement, que j'ai beaucoup de chance d'avoir cette indépendance et que je suis intelligente, que je vais y arriver.. moi je suis persuadée du contraire. L'angoisse monte, les boulimies non vomitives arrivent. Pendant l'hospitalisation, je cours lors de mes temps dehors à la boulangerie et je commence à me goinfrer. Mais je fais beaucoup de sport, je me contiens, il y a les autres patients, beaucoup d'hommes et j'ai vraiment du mal avec le regard de tous ces hommes,... Je prends aussi des laxatifs qui me détériorent carrément mais au moins...je contrôle le poids, je gère!!!
Puis un jour de permission, je ne veux pas rentrer: j'ai fait une crise à l'extérieur, une énorme crise, j'appelle l'hôpital morte de honte et je leur dit que je ne rentrerai pas. Pour cause, j'ai trop peur du regard de certains patients sur moi, j'ai trop peur que l'on découvre que je suis boulimique, que je ne suis pas celle qu'ils croyaient, j'ai peur de ne plus plaire, de décevoir.... Je suis effrayée par tout ça. Deux infirmières viennent me chercher à la gare où je me suis réfugiées. Le psy vient me voir et me dit qu'il pense m'avoir mal diagnostiquée. Il pense que je suis borderline et que la boulimie vient cacher le trouble de la personnalité limite. Une semaine plus tard je sortais de l'hôtpital.
Dés lors, j'ai ressenti au départ une sorte d'euphorie de pouvoir jouir de ma liberté de me nourrir autrement qu'à l'hôpital, en étant dans mon chez moi J'ai commencé à prendre du poids, tout le monde était heureux de me voir libérée du démon de l'anorexie et moi, dans ma tête, j'espérai que le contrôle n'allait pas m'échappait...et le contrôle m'échappa.
C'est une relation amoureuse chaotique qui est venue stopper ma lancée. J'ai dû perdre près de dix kilos en un ou deux mois. Mais plus le rapprochement et l'intime était là, plus l'envie de crises revenaient. J'avais envie de partir, car je ne me sentais pas du tout moi-même dans ce rôle auprès de lui de jeune femme parfaite, forte, soignée...et soignante. Je n'en pouvais plus de me cacher. Qu'y avait-il de si horrible à masquer?
J'ai donc rompu sans donner la vraie explication, j'ai même déménagé!
J'ai alors entamée une formation d'orientation professionnelle, mais la boulimie, le poids et l'envie de se cacher qui va avec, j'ai fuis et j'ai abandonné au bout d'un mois et demis (elle devait durer deux mois). Je me suis sentie encore plus nulle, démoralisée aussi, je passais mon temps à manger et à aller à la salle de sport, j'éliminais tant bien que mal les dégâts. Mais très vite je n'ai plus réussit ni à aller à la salle de sport, les regards m'étant trop insupportables, je tentais des régimes, en vain, je craquais, recraquais, m'étais mo masque de jeune femme apprêtée et souriante pour courir faire le plein au supermarché. J'ai même commencé à me faire livrer des pizzas chez moi... J'ai tellement honte. Je vous le dis à vous car j'ai confiance en toutes les personnes qui verront ce message et peut-être certaines se reconnaitront et se sentiront alors moins seules...
J'ai oublié beaucoup de choses qui ont certainement leur importance mais je vais tenter n epas avoir le souci du détail.
Ce soir lorsque je vous écrit, je suis chez mes parents, je suis complètement déprimée, je ne fais rien de ma vie, de mes journées, je ne vois personnes à part mes parents malades et âgés les pauvres. J'ai très peur. Peur de devenir obèses, de ne jamais pouvoir ressortir, ne jamais pouvoir réaliser mes souhaits, mes envies, peur de vivre.... et de ne pas vivre!
J'ai oublié de dire que j'ai entamé une psychothérapie (gelsast) depuis un mois, et justement j'évoque beaucoup la cause de la boulimie ces deux dernières séances, le lien au père, la maladie de ma mère, l'amour, l'image, la peur du rejet, de la critique, du jugement, la peur d'être adulte....
alors que pensez-vous, vous qui êtes objectifs de mon histoire? Avez-vous vécu, ou vivez-vous quelque chose de semblable? Que cela signifie-t-il? Comment s'en sortir?
Je vous remercie d'avoir pris le temps de me lire et d'avoir eu le courage d'aller jusqu'au bout!
Merci aussi par avance pour vos réponses, tous les témoignages sont les bienvenus!
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Modérateurs: Nunuche, Cécile A.
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