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SUJET : Quand on décide de tirer la sonnette d'alarme

Quand on décide de tirer la sonnette d'alarme il y a 2 ans 8 mois #664

J’ai 25 ans. J’ai tout pour être heureuse. Une famille merveilleuse. Un petit frère de 18 mois mon cadet qui prend soin de moi comme à la prunelle de ses yeux, une grande soeur de 4 ans et demi mon ainée aimante et attentionnée. Un papa qui me soutient dans les moments difficiles. J’ai dans ma vie, depuis 2 ans, un homme qui m’aime d’un amour irréprochable. Des amis fidèles, qui me suivent depuis des années… Je pratique un métier que j’aime, qui me passionne. Je suis en bonne santé. J’ai des problèmes, comme à chacun. Des galères de vie que je ne suis pas seule à vivre.

Lorsque j’avais 16 ans, j’ai lu un livre. Le « Thornytorinx », de Camille de Perreti. Cette jeune femme raconte comment elle a sombrée dans l’anorexie-boulimie vomitive. Je ne sais pas ce qui s’est passée ce jour là, mais au lieu de me faire l’effet « pauvre fille, je souhaite que cela ne m’arrive jamais », j’ai calquée son expérience sur moi et j’ai commencée à jouer au même « jeu ». Va savoir pourquoi ? Je n’en ai AUCUNE idée. Dans son roman, elle raconte comment elle faisait pour se faire vomir. Alors aucune difficulté pour moi pour réaliser les mêmes gestes. Ca m’arrangeait. Je pouvais manger des choses qui font grossir sans prendre de poids. Puis je me trouvais pas assez belle. J’avais beau avoir un caractère hors du commun, paraitre forte devant les autres, avec une grande gueule plus grosse que moi même, je n’avais aucune confiance en moi et avoir un « joli » corps me laissait croire que j’aurai plus confiance en moi.
Ca a commencé par des petites crises, après un gouter normal je vomissais. Ce n’était pas tous les jours, mais de temps à autres lorsque j’étais dans une mauvaise période et que je me trouvais grosse. Et puis de fil en aiguille, c’était tellement facile, que j’ai commencé à manger juste pour me faire vomir derrière. Le fait de me « remplir » puis deme vider ensuite me faisait un bien fou.
Mais le geste de me faire vomir me faisait mal. Mettre les doigt au fond de ma gorge jusqu’à des fois me faire saigner me faisait peur.
Alors quand j’ai eu 17 ans j’en ai eu marre. A l’époque j’étais avec un garçon, gentil comme tout… A croire qu’on était « tarés » car avec du recul aujourd’hui je me rend compte que lui aussi était atteint de TCA (il ne se nourrissait quasiment pas. La musculation cachait sa maigreur). Un jour, je lui ai vidé mon sac. J’ai tout dis. Il m’a prit dans ses bras et m’a dit qu’on allait lutter ensemble. Mais ce n’était pas suffisant. Alors je lui ai demandé de m’accompagner afin de tout dire à mes parents. J’ai raconté à ma mère. J’étais honteuse, je pleurais, j’étais mal… Je ne me souviens plus tout à fait de la manière dont elle a réagit, mais elle paraissait en colère. Puis après coup elle était triste, et se rendait compte de l’effort que j’avais fait en venant lui raconter tout ca. Mon père est rentré peu de temps après, et il a fallu que je recommence tout ce discours. Lui était abasourdi, ne savait plus quoi dire. J’avais l’impression d’être une merde. Qui venait de faire péter une bombe puante à leur tronche. Ils m’ont proposé d’aller voir le médecin de famille. Chose que j’ai accepté. Nous y sommes allés, avec ma mère. Il m’a laissé parlé, expliqué la situation. Puis il a commencé à me poser un tas de questions, sur moi, ma vie, sur ce que je ressens au quotidien, face aux situations de la vie, face au stress, à la pression, etc… Et là, Monsieur a sorti quelque chose qui, à mon humble avis, était plutôt judicieux : « tu ne te fais pas vomir pour ne pas grossir. Tout est psychologique, tu manges pour combler quelque chose puis tu te fais vomir pour te soulager ». Il a posé les mots sur ce que je ressentais. Mais ça je l’ai compris beaucoup plus tard…
Peu de temps après mon aveu, je devais partir 15j à l’étranger avec une amie pour un voyage linguistique. Là bas, difficile de criser et de se faire vomir… J’étais dans une famille d’accueil qui contrôlait les allées et venues dans les toilettes. En effet nous étions dans un pays qui se retrouve en grande sécheresse l’été et les habitants de l’ile doivent tirer la chasse une fois par jour… Pour tout le monde ! Alors pour le coup, j’étais plutôt « coincée ». Là bas j’ai repris une alimentation normale, je faisais beaucoup de sport, buvais beaucoup. J’avais repris une vie « saine ». Je suis rentrée avec 4kgs de moins. J’ai raconté que je ne m’étais pas fait vomir du séjour (sans préciser que c’était parce que JE NE POUVAIS PAS), et mes parents, je pense impuissants depuis le début face à ça, on prit cela comme argent comptant et ne sont plus jamais revenu sur ma boulimie vomitive…
Sauf qu’elle a continué. Maintenant je ne saurai plus dire quand et comment. Tout ce que je sais c’est que c’est toujours par périodes. Mais je n’en ai plus jamais parlé. A personne. Il y a toujours eu des moments où je croyais en être sortie. Et puis c’était la rechute….
Je reste persuadée que mes parents ne m'ont pas assez soutenue. Aujourd'hui ma mère est décédée. Mon père est loin de tout cela, ce n'est plus son rôle du haut des mes 25 ans de m'aider ...

Aujourd’hui je mesure 1m72, pour 57 kgs. Je reviens d’un voyage à l’étranger avec mon compagnon qui a duré 7 semaines. Je suis tombée malade là bas et j’ai perdu beaucoup de poids. Je suis revenue à 53 kgs avec la peau sur les os. Depuis (avec Noel et Nouvel an) j’ai repris 4kgs.
Depuis un an je n’arrive plus à gérer ms galères du quotidien. Problèmes financiers (non graves mais qui compliques la vie), projets professionnels qui n’ont pas pris formes, perte d’emploi (voulue mais difficile à encaisser), nombreux décès autour de moi.
Et ce qui se passe, et ça je l’ai compris depuis un an ou deux. C’est que lorsque je me sens angoissée, stressée, triste, ou tout autre état pas cool, je mange. Beaucoup. Lorsque je suis seule évidemment, mais même parfois en soirée. Puis je me fait vomir. Et j’ai l’impression que ca me fait un bien fou. Mais en réalité, non. Avant de partir pour mon voyage, j’arrivais à gérer tout cela par le sport. A fond. J’en faisais tous les jours, au moins 1h. Et là pour le coup ça me procurait du plaisir. J’étais bien… Mais impossible de retrouver cette niak. Et aujourd’hui c’est par la bouffe et les vomissements que je « gère » ces situations de crises psychologiques.
Je suis incapable d’appeler au secours. Je me dis que je peux m’en sortir seule. Alors ca tient 3 ou 4 jours, puis rebelote je crise… Je suis en train d’écrire actuellement après une énorme crise. Que je n’ai pas réussis à vomir. J’ai passé une heure à essayé de vomir. Impossible. Je crois que mon corps me dis « tu m’emmerdes avec tes vomissements, ça suffit, pour la peine tu garderas tout ! » et je me sens encore plus mal….

Je crois que la boulimie c’est comme la clope. Fumeur un jour fumeur toujours. Boulimique un jour boulimique toujours. Je dois me faire aider… mais je ne sais plus vers qui aller.
Dernière édition: il y a 2 ans 8 mois par dedeledoudou.
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Modérateurs: Nunuche, Cécile A.
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