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SUJET : simplement besoin d'aide...

simplement besoin d'aide... il y a 2 ans 8 mois #628

  • shiva
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Bonjour,

J'écris ici parce que je ne sais plus quoi faire. J'ai encore fait une crise hier soir, encore dû me cacher pour vomir, profiter d'être seule un instant pour littéralement me vider de toutes la nourriture que j'ai ingurgitée en une demi-heure en me disant,comme d'habitude, que ce serai la dernière fois!

Et je crois que le pire, c'est que j'y crois à chaque fois.. enfin au moins partiellement ce qui me permet de savourer cette sensation d'apaisement, de plénitude, alors qu'au fonds je me dégoûte jusqu'à ne plus pouvoir avaler une seule bouchée.. J'ai le sentiment de vivre une tempête intérieure, un orage qui soulage la tension d'une journée trop brûlante. Je ne sais pas si vous ressentez la même chose, mais après une crise, je suis dans une sorte d'état second, partagée entre l'euphorie, le bien-être d'une sensation de paix et l'angoisse, les remords induits par des réflexions stériles. J'aimerais éteindre mon cerveau et profiter de ce calme éphémère. Pour éviter de replonger dans les mêmes schémas, les mêmes réflexions, souvent je fume un joint juste après. C'est ce que j'ai fait hier et me suis endormie comme une masse sans penser à rien. Mais comme à chaque fois, ce matin j'ai déchanté. Je suis tellement fatiguée, j'ai l'impression d'avoir une gueule de bois carabinée, je me traîne au travail où je vais passer une journée à ressasser cette situation en me jurant que plus jamais je ne recommencerai! Alors que si je n'avais pas peur de mourir, je recommencerais à l'instant! Etouffer ces angoisses, la peur de vivre, la peur d'être vulnérable, la peur d'être jugée, la honte de ce que je suis, de ce que je ne suis pas, de ce que je souhaite enfin... d'être un être à part entière. Je suis tellement fatiguée de faire semblant, de sourire, d'entretenir cette image que j'ai construite depuis des années. Et dire qu'il arrive que les gens m'envient en pensant que ma vie est une réussite..
Excusez-moi de traîner en longueur... je sais que la plupart des gens sur ce forum sont coutumiers de ces situations et que je ne suis vraiment pas la seule dans ce cas... je me demande des fois s'il est vraiment possible de sortir de ce trou sans fond dans lequel j'ai l'impression de tomber sans jamais m'écraser!
Est-ce que quelqu'un pourrait me dire comment gérer ces périodes de désespoir, de tristesse qui me font penser que tout est un éternel recommencement. Je vous remercie de votre aide!
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simplement besoin d'aide... il y a 2 ans 8 mois #629

  • doune
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salut shiva,

je suis nouvelle sur ce site, et je viens de lire ton message qui m'a énormément touché tant je comprends ta souffrance pour l'avoir moi même si souvent éprouvée..
j'ai 33ans, et souffre de boulimie avec vomissements depuis l'âge de 17ans environ. Je veux d'abord te dire que, même si on ne se connait pas, je pense bien à toi et t'envoie plein de courage et d'affection.
Pour ma part, la boulimie avait à certaines périodes pris tellement de place dans ma vie que j'ai plusieurs fois essayé d'en finir, heureusement en vain..personne ne peut s'imaginer sans l'avoir vécu à quel point ce comportement est destructeur,tant sur le plan physique que psychologique..j'ai passé des années à essayer de lutter contre ces crises, sans jamais y arriver, et avec toujours moins d'estime de moi.
J'ai abandonné toutes les études que j'ai commencé, alors que j'étais bonne élève, et j'ai foutu par terre ma vie professionnelle.
Mais, après avoir vraiment touché le fond sur tous les plans (je fumais aussi et buvais pas mal pour "oublier"..,) j'ai peu à peu réalisé ce qui m'a permis d'avancer et d'aller tout doucement de mieux en mieux : je n'avais aucune personnalité propre, je passais mon temps à m'adapter aux autres, je ne savais pas dire non, je jouais en permanence un rôle, bref, je ne savais absolument pas qui j'étais, et j''étais moi même mon plus grand ennemi!
Bien sûr, je ne me suis pas réveillée un matin en comprenant tout ça, ça s'est fait petit à petit, avec des lectures, des réflexions, des témoignages, et je pense aussi un peu plus de maturité..
Finalement, j'ai compris que ces crises étaient des défouloirs et des colères monumentales contre moi même pour ne jamais oser m'affirmer.
Que même si j'aurais tout donné pour que ça s'arrête, ces crises étaient aussi une soupape qui me permettaient de ne pas sombrer complètement dans la dépression et d'autres addictions encore plus néfastes.
J'ai commencé par essayer de ne plus (trop!) m'en vouloir d'être boulimique, puis par essayer de ne plus faire de ces crises le centre de mon existence, en les "acceptant"sans trop lutter contre.
Puis je suis partie à la découverte de ma personnalité, de mes désirs , et surtout j'essaye, c'est encore difficile aujourd'hui, d'oser m'affirmer face aux autres.
Je te raconte tout ça parce que j'espère de tout mon coeur que ça pourra peut être t'aider un peu toi aussi..J'ai été tout étonnée de me rendre compte que c'est finalement en luttant beaucoup moins que les crises sont moins fréquentes, et surtout qu'elles ne prennent plus toute la place dans notre vie.
Toutes ces épreuves m'ont fait beaucoup de mal, en encore aujourd'hui je souffre de leurs conséquences, je n'ai aucun réseau amical, un emploi horrible dans un supermarché, et les crises sont encore assez fréquentes.
Mais j'ai retrouvé le gout de vivre, je n'ai plus peur comme avant des relations aux autres, et je pense de moins en moins à la nourriture.
Toi aussi tu vas y arriver, essaye de commencer à t'aimer un peu, tu n'es pas que cette personne boulimique, tu as plein d'autres atouts et qualités !
J'espère avoir bientôt de tes nouvelles, courage pour tout
Amicalement
Doune
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simplement besoin d'aide... il y a 2 ans 8 mois #630

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Salut Doune,

Merci pour ton message qui m'a également beaucoup touchée. C'est fou comme en fait toutes nos histoires sont au fond similaires ..Cela fait en tout cas 10 ans que je souffre de TCA et si je fais le bilan, je n'ai à peu près plus aucun ami, j'en viens même à penser que je n'en ai en fait jamais vraiment eu. J'ai toujours joué à la fille joyeuse et sympathique avec qui il fait bon rire sans que personne ne se doute jamais de rien. Peu à peu je me suis coupée de tout le monde parce que je n'en pouvais plus. En plus, les sorties impliquent toujours des repas, apéros et compagnie que j'essaie d'éviter pour ne pas grossir... Le plus triste et frustrant dans tout ça, c'est que j'ai tout-à-fait conscience de la situation, mais n'arrive à rien faire. Ce sentiment d'impuissance est difficile à vivre . La seule chose qui me fait tenir est ma vie professionnelle sur laquelle j'ai tout misé... Je ne vis qu'en me fixant des objectifs complètement disproportionnés qui me forcent à travailler et par ce biais à m'occuper la tête, à arrêter de penser à la nourriture, à ce que je devrais ou ne devrais pas manger... ça me rend triste parce que j'aimerais profiter de la vie et que le travail, même si je suis très intéressée par ce que je fais, n'est pas pour moi, dans mon idéal, une priorité!!! J'aimerais pouvoir arrêter de lutter, me dire que c'est fini ce délire, mais je n'arrive pas à lâcher prise. Je ne mange presque plus parce que j'ai terriblement peur de grossir avec toutes les crises que j'enchaîne. J'ai perdu pas mal de poids et dois faire face à l'inquiétude de mon entourage. J'ai dû mal à gérer cet intérêt pour moi et ma santé... c'est un paramètre en plus qu'il faut essayer de gérer et qui engendre beaucoup de tension. A part ça je garde espoir, mais prendre conscience que toute sa vie n'a été qu'une fuite, la fuite de ce que je suis, est un peu déstabilisant... Je suis anxieuse comme si je devais rencontrer un inconnu :-)
Je te souhaite de tout cœur le meilleur pour la suite et espère que tu continues sur ta lancée vers l'apaisement!
Shiva
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Cet utilisateur a été remercié pour son message par: doune

simplement besoin d'aide... il y a 2 ans 8 mois #631

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Bonsoir shiva,

Merci pour ton dernier message, et pour tes encouragements!
Ce que tu racontes c'est ce que j'ai vécu et ressenti pendant tellement d'années..! Ce cercle vicieux et sans fin : je joue sans cesse un rôle, je vis dans un contrôle permanent, je passe à côté de ma vie, consciente des choses sans pouvoir cependant changer tout ça..
Du coup la nourriture devient notre seul exutoire, l'unique moment de la journée où on arrive à tout oublier, à enfin ne plus être dans le contrôle..Moi, pendant les crises, je ne sais pas pour toi, mais c'est presque comme si je n'existais plus, je suis dans un état "second", une parenthèse hors du temps. Enfin plus d'angoisses, de questionnements, plus de masque, dès la première bouchée..
Il y a vraiment une corrélation étroite entre le recours aux crises et la rage qu'on a envers soi même , épuisée de lutter pour être "parfaites", de faire semblant tout le temps..
Pour ma part, j'ai commencé par des toutes petites choses pour avancer, pas à pas, par exemple: -oser dire non, même pour des choses sans importances
-accepter de faire un jour ou l'autre un bon gros repas sans vomir, et voir que je n'avais pas pour autant pris 10kg!
-essayer d'en faire moins devant les autres pour "plaire", gagner en discrétion
-couper le cordon avec mes parents, du moins en partie, accepter que je suis adulte ( ça a été long!!)
-Peu à peu réfléchir à mes vrais désirs, à la personne que je suis vraiment, sans CULPABILISER de ne pas forcément correspondre à ce que mes proches attendent de moi
-essayer de commencer à m'aimer, après toutes ces années à me faire du mal et à m'en vouloir ( regarder avec tendresse et affection la petite fille qu'on a été pour lui donner l'amour dont on a tant manqué)...
-Et beaucoup d'autres petites choses..
Je suis loin d'avoir encore tout réglé, et je pense qu'on a pas assez d'une vie pour être totalement apaisée, mais ces "petits pas en avant "m'ont donné beaucoup de joie et de force, de fierté aussi.
Et tu verras que plus on avance vers la découverte et l'amour de soi, plus les autres nous aiment pour ce que l'on est vraiment, et moins on a besoin de la nourriture pour combler notre vide intérieur.
J'espère que mon chemin à moi pourra te donner quelques pistes pour aller mieux.
Je t'envoie plein de courage. J'espère te lire à nouveau bientôt
Amicalement Doune
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simplement besoin d'aide... il y a 2 ans 7 mois #633

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Salut doune, merci beaucoup pour ta réponse. Les aspects que tu évoques me touchent vraiment beaucoup parce que, comme je pense de nombreuses personnes ici, ils collent grosso modo parfaitement à la situation que je vis! J'y ai d'ailleurs pas mal réfléchi et essaie chaque jour de mettre l'une ou l'autre chose en pratique. C'est vraiment "agréable", si j'ose dire.., de suivre le chemin parcouru par quelqu'un qui se trouve ou s'est trouvé dans une situation identique, ça me donne du courage et surtout de l'espoir! J'essaie de limiter les crises, même s'il est certain que ça ne change rien à l'obsession de la bouffe... j'ai tellement honte de tout ça que je n'ai toujours pas pris contact avec un médecin généraliste. C'est un peu paradoxal, mais j'ai l'impression que de ne pas être suivie somatiquement est une sorte de garde-fou qui me force à ne pas sombrer d'avantage. Je pense que si je savais que je ne risquais "rien", la fréquence des crises seraient encore renforcée... enfin, pour le moment j'ai l'impression que je n'ai rien physiquement de particulièrement ingérable!
Je te remercie beaucoup pour ton aide et te souhaite le meilleur pour la suite, n'hésite pas à récrire si tu le souhaite, si cela peut également t'aider!
Amicalement
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simplement besoin d'aide... il y a 2 ans 7 mois #634

  • doune
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Salut shiva,

Ca me fait très plaisir de te lire et d'avoir de tes nouvelles!
Je viens juste de lire ton message, et je suis heureuse si mon "expérience " a pu te donner quelques idées pour avancer toi aussi..
Je pense que le plus important est d' oser s'affirmer face aux autres, et d' essayer de commencer à vivre pour soi. C'est un travail de longue haleine, c'est très dur, d'autant plus pour des gens comme nous qui n'avons aucune idée de qui on est réellement, et si peur d'être jugée ou rejetée!
Si je peux me permettre de te donner un conseil, ce serait que tu commences par travailler sur le jugement tellement sévère que tu portes sur toi même , sur cette honte qui t'habite en permanence.
Moi je me suis rendue compte que la honte que je ressentais était comme une gangrène qui me rongeait, et je me résumais finalement à :"je suis une boulimique de merde"! Je ne valais rien à mes propres yeux, ni par conséquent, je croyais, à ceux des autres.
J'ai tellement souffert , tellement fait de crises, tellement fait semblant, subi, pleuré, je me suis tellement haÏe, tellement malmenée, physiquement et moralement..! Je croyais ne jamais pouvoir m'en sortir et souhaitait mourir plutôt que continuer comme ça..
Et puis , après avoir touché le fond, je crois que la vie a été plus forte, et j'ai compris que je ne m'en sortirais qu'en ayant enfin un regard indulgent et bienveillant envers moi même.
Tu n'as pas choisi d'être boulimique et moi non plus! C'est un moyen de défense comme un autre qu'on a trouvé pour combler un vide , des manques affectifs et une souffrance sinon intolérables..
Commencer à se regarder différemment est vraiment le 1er pas pour avancer, et s'apaiser.
pour ma part, c'est seulement à partir de là que j'ai pu avoir moins honte de moi et oser peu à peu m'affirmer . Ensuite, c'est un cercle"vertueux" qui se met peu à peu en place:
on est de moins en moins "fausses" face aux autres, qui le ressentent et sont dans un lien plus vrais avec nous eux aussi, on se sent honnête vis à vis de nous même et du coup on s'en veut moins, et ...les crises de boulimie prennent moins de temps et d'espace dans notre vie s'en même qu'on ait à lutter pour!
Quant au suivi chez un généraliste dont tu parles, je ne crois pas que ça soit vraiment nécessaire, surtout si tu n'as pas de troubles particuliers. Chaque fois que j'ai parlé de mes crises et des vomissements avec des médecins, ils ne m'ont jamais paru ni inquiets, ni ...intéressés par le problème! Il faut juste essayer d'avoir des repas équilibrés le reste du temps pour éviter les carences et une trop grande perte de minéraux.
Voilà!
Je t'envoie plein de courage et pense bien à toi.
Ton soutien m'apporte à moi aussi beaucoup ..
On est sur une route longue et chaotique, mais ça vaut le coup, je le sais maintenant depuis peu!!
A bientôt shiva
Doune
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