Evitez le "maternage"

Écrit par . Publié dans Concrètemet, que faire ?

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Et c’est bien compréhensible. Quand un proche va mal on se sent spontanément investi d’un rôle de sauveur. On a alors tendance à essayer de faire à sa place, de penser à sa place, de chercher des solutions comme s’il n’en était plus capable lui-même. Il est vrai qu’il n’en est peut-être plus capable lui-même. Néanmoins, une attitude protectrice est humiliante pour l’autre dans la mesure où elle l'installe dans une posture de faiblesse, d'impuissance à gérer son existence et ça lui montre qu'on ne lui fait pas confiance pour prendre sa vie en main.

Ne faites pas de votre proche un(e) assisté(e)

Même si la personne que vous aimez va mal, n’est pas capable de prendre sa vie en main toute seule depuis un certain temps, dès lors que vous prenez la direction de ses opérations, vous l’installez dans un rôle d’assistée ce qui nuira au regard qu’elle porte sur elle-même. Il n’est bien sûr pas question d’abandonner un proche qui va mal, mais de transformer vos pulsions irrépressible à materner en une neutralité bienveillante, non intrusive, patiente. . Dans le livre "Vivre et communiquer avec un proche boulimique anorexique" nous avons pris quelques cas très classiques d'une personne boulimique anorexique qui passe les journées dans sa chambre et ne veut plus sortir.

Ce qu'il vaut mieux ne pas faire :

- Peut-être prenez-vous un ton paternaliste ou peut-être cherchez-vous des solutions pour elle. Tantôt avec douceur, tantôt avec fermeté, lui faites-vous la morale pour qu’elle « fasse un effort et prenne un peu sur elle ». Cherchez-vous pour elle des solutions du style : « Et si tu allais au cinéma, ça te ferait du bien ! », « Tu devrais prendre l’air pour te changer les idées. » « Et si tu appelais une copine, au lieu de te morfondre ? »…
- Peut-être lui parlez-vous parfois sur un ton plaintif en lui faisant comprendre que son comportement déstabilise la famille, vous rend malheureux et qu’elle n’est vraiment pas sympa.

- Ou peut-être prenez-vous des « pincettes » en vous adressant à elle, sur un ton presque trop doux, trop précautionneux qui la fait se sentir comme une grande malade.

Vous l'aideriez beaucoup si :

- Vous faisiez violence pour ne pas du tout vous « occuper » d’elle. Bien sûr, son comportement vous inquiète, vous pèse et vous choque, mais elle n’y peut rien. Ce n’est pas en lui créant des envies qu’elle aura envie. Elle le sait bien qu’elle peut appeler une copine, aller au cinéma ou prendre l’air. Elle y a certainement déjà pensé elle-même. C'est vrai elle même parfois vous appelle "au secours". Changez de sujet sans la laisser tomber. Parlez lui de la dernière série qui passe sur M6 et à laquelle vous la sentez accro. C'est vrai, elle a été contente parfois quand vous êtes venu la solliciter pour sortir de sa chambre. Cependant, en règle générale, elle n’a pas d’envies et c’est une immense pression pour elle de se forcer. Même si, sur le moment, elle y a trouvé un bénéfice, à terme la tension accumulée par des efforts répétés n’en est que plus forte.

- Vous pouvez éventuellement lui proposer de vous suivre sur une activité en faisant bien attention de ne pas insister : il ne s’agit pas là d’arriver avec une idée d’activité qu’elle pourrait faire seule (« pourquoi n’appellerais-tu pas une copine… »). Votre démarche sera moins maternante si vous lui proposez de suivre un mouvement que vous ne faites pas exprès pour elle. Par exemple : « Je vais faire une ballade en forêt, est-ce que tu veux venir avec moi ? ».

ATTENTION surtout de « contrôler » le ton de votre voix et aux expressions de votre regard. Il est essentiel, si vous avez des émotions négatives ou maternantes, de n’en rien laisser paraître. N’oubliez pas qu’elle est maladivement hypersensible : le moindre reproche perçu par elle, même en non-verbal, peut lui ruiner sa journée. Efforcez-vous d’être aussi neutre que possible : il ne s’agit pas d’être indifférent, juste d’adopter une sorte de pudeur bienveillante.

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