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Trouble "borderline"de la personnalité
L 'addiction boulimique anorexique est un trouble du comportement tellement envahissant, tellement aliénant, qu'on pense souvent qu'elle est la cause du mal de vivre. Mais ce n'est pas parce qu'on a une addiction qu'on vit mal c'est parce qu'on n'est pas dans SA PEAU, parce qu'on a une personnalité particulière qu'on a une addiction.
Chacun est unique, bien entendu, mais il y a souvent des traits de personnalité communs chez ceux qui ont un trouble du comportement alimentaire. Le type de personnalité que l'on retrouve le plus souvent est le trouble de personnalité "borderline" très bien décrite dans le DSMIV-R qui le manuel international diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux.
Le manuel de psychiatrie décrit plusieurs types de personnalitésVoici la liste de neuf personnalités répertoriées par ce manuel qui sert de référence à la psychiatrie moderne :- La personnalité paranoïaque est caractérisée par une méfiance soupçonneuse envers les autres dont les intentions sont interprétées comme malveillantes.
La personnalité "borderline" selon la psychiatrieSont "borderline" dans le manuel de psychiatrie international les personnes qui présentent les caractéristiques suivantes : - Efforts effrénés pour éviter les abandons, réels ou imaginés.
La structure "borderline" selon la psychanalyseSi le DSMIV est la grille de lecture préférée du monde psychiatrique hospitalo-universitaire, selon la psychanalyse il y a quatre grands types de structure de personnalité :
Le complexe d'oedipe.Quand tout se passe à peu près bien, on devient un sujet plus ou moins "névrosé", (comme la plupart des gens selon Freud). L'enfant se détache du sein, comprend que maman n'est pas à lui, fait une dépression (vers le huitième mois) et se met à remplacer maman par tout un jeu symbolique et imaginaire inconscient qui vont lui permettre de ne pas se sentir en danger sans maman. Certaines personnes payent leur autonomie au prix d'un symptômes somatiques ou d'un trouble du comportement. D'autres, plus chanceux évitent des symptômes grâce à ce que Freud a appelé la sublimation (quand le désir s'exprime dans l'artistique). Les nouvelles thérapies pour la plupart reconnaissent elles aussi souvent la pertinence du complexe d'oedipe: il y a un moment de sa maturation affective en effet où l'enfant s'autonomise. Mais elles considèrent que l'expression verbale émotionnelle et corporelle sont une autre manière de s'autonomiser sans le payer très cher avec des symptômes. En repérant ses émotions, en les exprimant, en s'ajustant aux autres tout en s'ajustant à soi-même, on peut aller bien sans être "piégé" par son inconscient dans des symptômes.
Les "borderline" ne font pas un "oedipe"La boulimie anorexie semble plutôt se rattacher à une structure préœdipienne dans la mesure où la personne ne peut pas s'autonomiser émotionnellement, elle ne peut pas "lâcher le sein". Tout se passe comme si les personnes boulimiques anorexiques n'avaient pas en elles les ressources pour faire un "oedipe" c'est à dire utiliser l'imaginaire et le symbolique pour lâcher maman (qu'on l'adore ou qu'on la déteste). La plupart des personnes qui ont besoin d'une addiction pour vivre n'en sont pas encore à l' "oedipe". Elles voient le monde comme si leur regard était encore celui du bébé : tout est blanc ou noir, bon ou mauvais, beau ou laid, indispensable ou inacceptable. Un peu comme si elles étaient toujours au bord de la dépression du huitième mois sans oser s'y laisser glisser vraiment parce qu'elles pourraient s'y anéantir là où la plupart des gens s'en servent pour se construire.
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