On s'en sort

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Même quand on a passé toute sa vie à ne penser qu'à la bouffe, même quand on a passé son temps à dévaliser les placard, que l'on se fasse vomir ou pas, on peut s'en sortir à condition de ne pas chercher manger mieux mais à vivre en accord avec soi-même. Illustrés de quelques témoignages, c'est ce que tentent de vous démontrer les articles ci-dessous, chacun sous un angle différent.

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Les trois étapes de la guérison

Lorsqu’on a une addiction, boulimie-anorexie ou autre, il est essentiel pour guérir de comprendre que ce n’est pas la consommation de nourriture

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juillet-aout-2017Une femme appelle une psy pour lui parler de sa fille, 28 ans. Elle ne veut plus se soigner, s'afflige la mère. Elle a déjà essayé beaucoup de choses qui n'ont pas marché parmi lesquelles plusieurs psychothérapies et une hospitalisation. Le psychiatre qu’elle consulte veut la ré-hospitaliser. Mais sa fille refuse.

Si elle appelle aujourd’hui c’est parce qu’elle se rend bien compte que la médecine comportementale dans la gestion des symptômes alimentaires n'est pas la solution pour sa fille. Elle vient de lire "Boulimie Anorexie, guide de survie pour vous et vos proches1" et elle comprend intuitivement que ce sont les troubles de la personnalité de sa fille qui ont un lien avec la boulimie.

– Pourquoi le psychiatre veut-il la ré hospitaliser ? demande la psychologue. Se fait-elle vomir, est-elle très maigre, a-t-elle une carence en potassium ?

– Non, répond la mère.

– Le psychiatre craint peut-être une tentative de suicide ?

– Je ne sais pas dit la mère. Mais ma fille refuse. Elle ne croit plus qu’elle peut s’en sortir…

La psy reconnaît que, de toutes façons, l'hospitalisation ne la guérira pas de sa boulimie, puisqu'elle ne traite pas le problème d'identité sous-jacent à l’addiction. Aujourd’hui les psychiatres se rendent compte qu’il y a un trouble de la personnalité chez les personnes qui ont une addiction alimentaire sévère, mais ils n’ont pas mis en place une psychothérapie ajustée à ce type de personnalité qui ne peuvent pas vivre sans une addiction.

La mère demande à quoi ressemblerait une psychothérapie ajustée au type de personnalités qui ne peuvent pas vivre sans une addiction.

Cela peut se faire avec un psychanalyste en individuel, et encore plus efficacement en groupe, répond la psy. Le principe de cette thérapie est qu’elle est principalement centrée sur la confrontation : le psy se place lui-même dans une posture d'égal à égal (et non de soignant à malade). Il joue lui aussi « cartes sur table ». Le patient peut ainsi se confronter à une réalité relationnelle plus objective rendant ses peurs, ses attentes, sa violence sans fondement. Ainsi il peut identifier ses dysfonctionnements relationnels et par l’expérimentation dans la situation thérapeutique, trouver les petits bouts de lui-même qu’il ne voyait pas. On ne peut apprendre à devenir soi-même que face à l’autre et en particulier à quelqu’un qui se montre lui aussi tel qu’il est.

Une personne qui fuit dans l’addiction, c’est une personne qui se sent perdue dans un monde qui lui paraît tantôt hostile, tantôt dangereux. C’est de cela dont il faut se sortir. En structurant sa personnalité, en s’affirmant et en trouvant suffisamment de stabilité en soi-même pour gagner une caractéristique indispensable pour son équilibre : l’estime de soi.

La mère comprend bien ce que lui dit la psy. Intuitivement, connaissant sa fille elle sent bien que la piste proposée est judicieuse. Mais elle dit que sa fille ne veut plus aller voir de psy parce qu’à chaque fois elle a été déçue.

La psy propose à la mère de montrer le site boulimie.fr à sa fille afin que cette dernière puisse, grâce aux nombreux articles, mais aussi aux lectures recommandées, ainsi qu’aux vidéos de témoignages, comprendre le problème de fond qui engendre sa boulimie. Si elle comprend que son addiction lui vient d’un problème d’identité, et si elle apprend que celui-ci peut se résoudre par une psychothérapie existentielle (telle que la psychanalyse, idéalement de groupe ou familiale1 la propose), elle fera déjà un premier vrai grand pas.

La mère remercie la psy pour toutes ces informations. La psy conclut avec des propos rassurants : « Ne désespérez pas. Votre fille est au plus mal à cause d’une hypersensibilité probablement de naissance qui a freiné sa construction identitaire, mais quand elle apprendra à être à l’écoute d’elle-même tout en étant à l’écoute des autres, elle se sentira enfin dans sa peau, sur terre, et son hypersensibilité ne sera plus un vecteur pathologique mais au contraire une richesse, tant pour elle-même que pour son entourage».

Et comme Charlie Chaplin reprenant les propos de  Kim et Alison Mc Millen le jour de son 70ème anniversaire, elle pourra dire elle aussi :

« Le jour où je me suis aimé suffisamment1,
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
j’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle estime de soi.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle
n’étaient rien d’autre qu’un signal 
lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle authenticité

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai cessé de vouloir une vie différente,
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue 
à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle maturité.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation, 
ou une personne,
dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien 
que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts, 
et que ce n’est pas le moment.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle respect.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m’était pas salutaire :
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle amour-propre.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire des grands plans.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime, 
quand ça me plait et à mon rythme.
Aujourd’hui, j’appelle ça simplicité.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison,
et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert l’humilité.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s’appelle plénitude.

Le jour où je me suis aimé suffisamment,
j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.

1 La traduction française et « Le jour où je me suis aimé pour de vrai ». Mais en tant que psy, n’étant pas convaincue que l’on peut s’aimer soi-même « pour de vrai », je suis alllé voir la traduction des auteurs de ce texte et en anglais les mots « When I Loved Myself Enough » sont à traduire par « Quand je me suis aimé suffisamment ».

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