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Faut-il être parfait pour être aimé ?

Écrit par . Publié dans Boulimie et amour

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Rose-Marie Richon vient de publier un livre « Des Clefs pour l’Amour de Soi » (éd. Lulu.com) qui attire notre attention parce qu’il est dans la droite ligne de la philosophie de ce site. Naturopathe, ex-boulimique, elle sait de quoi elle parle et nous lui avons demandé d’écrire l’article de ce mois de juin sur le thème des exigences que nous avons vis-à-vis de nous-mêmes et qui nous rendent malades. Elle a accepté très gentiment.

L’une de ces croyances les plus courantes, est celle de croire qu’il faut être « parfait » pour être aimable. Résultats : les personnalités boulimiques en font alors un maximum : super collaboratrices dans des emplois souvent extrêmement exigeants, elles sont corvéables à souhait et en redemandent. Dans le monde professionnel, elles peuvent d’ailleurs faire illusion assez longtemps au prix d’un épuisement terrible car leurs capacités émotionnelles ne suivent pas leurs capacités professionnelles.

Dans leur vie privée, le besoin d’être parfait les met dans une tension permanente qui, lorsqu’elles se sentent prises en défaut (ce qui arrive fréquemment), peut facilement déclencher une crise pour calmer l’angoisse liée au fait de n’avoir pas été assez parfaites. Les proches eux, inconscients de cette nécessité, sont confrontés à leurs réactions de mauvaise humeur, de tristesse et d’épuisement face à cet écueil.

A force d’efforts déçus elles peuvent finir par se sentir incapables de relever les défis que la vie leur propose. A quoi bon puisqu’elles ne seront jamais assez parfaites…

En tant qu’ancienne boulimique, je me suis cognée à cette croyance pendant des années, oscillant entre la super women au travail et le St Bernard dans ma vie de couple avant de finir par m’effondrer physiquement et moralement au début de mon travail de thérapie et de changer tout mon système de croyances

En tant qu’ancienne boulimique, je me suis cognée à cette croyance pendant des années, oscillant entre la super women au travail et le St Bernard dans ma vie de couple avant de finir par m’effondrer physiquement et moralement au début de mon travail de thérapie et de changer tout mon système de croyances.

La croyance qu’il faut être parfait pour être aimable se niche dans un manque important d’estime de soi. Elle s’est généralement développée dans la petite enfance alors que l’enfant devine ou imagine (ce n’est pas toujours la réalité) qu’il doit en faire plus que les autres pour être reconnu. L’enfant qui se construit enregistre dans son système de croyances qu’il va devoir faire des efforts pour être aimé.

Le corps nous donne heureusement les clés pour changer de positionnement. Toutes les réponses se trouvent à l’intérieur de nous même. L’observation de nos sensations, de nos réactions est toujours le meilleur des baromètres. Encore faut-il en affiner la lecture.

Le kinésiologue américain Paul Dennison a étudié les schémas de la prédominance cérébrale dans l’apprentissage. Il est l’auteur de différents ouvrages sur la gymnastique du cerveau. Des tests menés par lui, montrent que si l’on demande à un enfant de «faire un effort» pour réaliser quelque-chose, la résistance musculaire de son corps s’effondre.

Si «faire un effort» (le lot quotidien des personnalités boulimiques en quête de perfection), entraîne un effondrement de la résistance musculaire, cela signifie que cette demande met tout notre système neuro-hormonal en stress et en difficulté.

Pour se libérer de ce stress, l’idée est de faire un ajustement : au lieu de demander à l’enfant de faire un effort, on lui demande de « faire de son mieux », son corps réagit alors positivement et ses tests musculaires restent forts.

Une fois de plus, le corps nous indique toutes les nuances. Les personnalités boulimiques qui manquent cruellement de nuances ont bien entendu intérêt à s’inspirer de celle-ci.

L’envie de perfection est louable, elle permet à ces personnalités exigeantes d’entreprendre de grandes et belles choses. D’un point de vue personnel, elle leur permet notamment un moment donné, de s’engager pleinement dans un travail de thérapie qui portera ses fruits à force d’envie, de rigueur et d’énergie.

Au lieu de faire des efforts invraisemblables, il s’agira dès lors de «faire de son mieux».

«Faire de son mieux» ne veut pas dire, dépasser ses limites, ses forces, ses envies parfois.

«Faire de son mieux» signifie faire avec ce qu’on a, avec ce qu’on est, au mieux. Ni plus, ni moins.

«Faire de son mieux» élimine de fait la notion de perfection qui est un leurre au sens où l’entendent les personnalités dépendantes.

«Faire de son mieux» permet de mettre de la lumière sur ses relations : soit on se sent accepté pour ce qu’on est : en faisant de son mieux par ses actes ou ses mots, on a réellement montré qui on est. Soit on réalise qu’on n’est plus fait pour un travail, une collaboration, une relation, lorsqu’on n’est pas accueilli dans ce qu’on est réellement.

Cela permet de répartir les responsabilités dans les relations difficiles. Si vous avez fait de votre mieux et que ça ne suffit pas, alors le désappointement appartient à l’Autre et plus à vous.

Mais rassurez-vous, la plupart du temps, «faire de son mieux » suffit amplement. Rappelez-vous que tout votre corps est d’accord avec cette notion, faites-lui confiance!

Rose-Marie Richon

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